mardi 10 mars 2015

L'Homme qui en savait trop - Laurent Alexandre & David Angevin

Robert Laffont, 2015 - 19€

Bientôt, les transhumanistes feront la loi, dirigés discrètement par une intelligence artificielle aboutie. Ils apporteront les soins, l'amour virtuel mais pas la paix. L'IA à une étrange obsession : retrouver toutes traces de son "père" Alan Turing, un père de l'informatique.
Avant, Alan est un petit garçon asocial qui découvre les mathématiques et les sciences. Dans une famille pieuse, il devra convaincre que sa place est dans le futur et ses nouvelles croyances.
Il tombera amoureux.
Il sera en lien avec des communistes, ennemis des USA.
Il égalisera la fantastique machine allemande Enigma, qui crypte de façon insoluble les messages d'Hitler.
Il créera l'ordinateur.
Il sera traité en paria, castré chimiquement et diminué plutôt que d'accepter la prison (juste avant la dépénalisation de l'homosexualité).
Il mourra d'un empoisonnement au cyanure à l'âge de 41 ans... Suicide ou meurtre ? Cet homme en savait trop.

Je m'attendais à un livre de science-fiction, mais celle-ci n'est qu'un prétexte pour imaginer la vie (passionnante, certes) de Alan Turing, créateur de la machine de Turing, décrypteur de messages allemands durant la 2de guerre mondiale et accessoirement aux origines de l'informatique (n'oublions pas Ada Lovelace). Un génie méconnu et harcelé qui ne s'est vu gracié (posthume) qu'en 2013.
On y trouve les récits de l'intelligence artificielle, celles de Alan, et celles d'autres personnages qu'il a croisés, dont un espion du MI6, la CIA, Churchill, Truman...

Intéressant et fourni. Ma seule déception est l'excuse SF pour ce roman aux 9/10èmes centré sur la vie de Turing. Ça, et le fait que les gentils transhumanistes aient vaincu les vilains terroristes écolos.